Futur d’Internet: Décentralisons maintenant!

On défini encore Internet comme le réseau des réseaux, sans un centre névralgique unique, reliant des millions d’ordinateurs grâce au protocole TCP-IP. Si cette définition tient toujours la route, au fil de sa commercialisation, les outils offerts par l’Internet se sont de plus en plus centralisés, créant des géants technologiques qui se confondent de plus en plus souvent avec l’internet même et disposant de pouvoirs démesurés et d’appétits tout autant gargantuesques. L’exemple le plus éloquent à ce jour est bien celui d’Elon Mush qui s’achète Twitter au coût de 44 milliard américains, première brique de son rêve de créer L’Application unique qui ferait essentiellement tout, toute seule et sans interaction avec le reste des autres applications. Contrôlé par une seule personne !

Pouvoir égalant argent, les gouvernements – Australie et Canada en tête – cherchent maintenant à acquérir une partie de la cagnotte alors que d’autres gouvernements ont de plus ne plus recours à cette nouvelle forme d’autoritarisme digital que sont les coupures partielles ou total du service à l’échelle d’une nation ou encore la création de murailles – le Splinternet – isolant leurs populations de l’Internet global

Mais quand il s’agit de gérer les services ou de partager les recettes des GAFAM, les gouvernement ne fond pas le poids. Au Canada, les paris donnent de plus en plus Google et Meta gagnant du conflit créé par l’adoption de C18 que les deux géants peuvent tout à fait remporter, bien assis, en n’initiant aucune négociation. Au final les médias canadiens risques de perdre les 200 millions de revenus provenant des accords d’avant C18 pour, éventuellement, des sommes potentielles à peine plus importantes (on parle de 234 millions) lesquelles seront sans doute centralisées autour de quelques grands groupes de médias. Au final, ce sont les milliers de médias communautaires, spécialisés, indépendants, alternatifs qui perdront une visibilité essentielles pour leurs survies même. Je fais partie de ceux qui ont prédit déjà que le gouvernement canadien ne pourra que reculer sur C18.

La web décentralisé en croissance

En parallèle, bousté par l’avènement des crypto monnaies, le désormais WEB3 décentralisé basé sur la technologie de la blockchain est en croissance soutenue. Construit pour éliminer l’influence des personnes, le web3 ne se base pas sur la collecte des données personnelles. Avec la décentralisation, celles-ci restent la propriété des utilisateurs.

Avec cette approche, on observe nombre de communautés qui développent et maintiennent des technologies et des espaces gérées à des échelles plus humaines (par exemple avec Mastodon, un des réseaux social décentralisé les plus connues). On a aussi récemment pu expérimenter comment les technologies décentralisées et fédérées peuvent maintenir le service au plus grand nombre, même en situation de crise comme récemment en Ukraine. De nouvelles instances et technologies permettent maintenant de contourner les blocages d’Internet alimentés par des décision politiques ou financières.

Répondre aux grands défis de l’Internet…

Les technologies décentralisées jouent un rôle de plus en plus important dans le développement d’Internet. Elles cherchent à résoudre certains des défis et des problèmes auxquels fait face l’architecture traditionnelle d’Internet. :

Les technologies décentralisées, telles que la blockchain et les réseaux pair à pair, offrent des solutions pour redonner aux utilisateurs un plus grand contrôle sur leurs données personnelles, en leur permettant de stocker, de partager et de gérer leurs informations sans avoir à passer par des tiers de confiance centralisés.

Les technologies décentralisées permettent de créer des plateformes et des réseaux où la censure est plus difficile à mettre en œuvre, car il n’y a pas d’autorité centrale à laquelle les gouvernements peuvent s’adresser pour exercer un contrôle. Cela favorise la liberté d’expression et permet aux utilisateurs de partager des informations sans craindre la répression.

L’architecture décentralisée peut améliorer la sécurité et la résilience d’Internet. Plutôt que de reposer sur des serveurs centraux vulnérables aux attaques, les réseaux décentralisés répartissent les données et les traitements sur de nombreux nœuds, ce qui rend plus difficile pour des attaquants de perturber l’ensemble du réseau.

Les technologies décentralisées permettent à de nouvelles entreprises et à des projets open source de rivaliser sur un pied d’égalité avec de grandes entreprises technologiques aux pouvoirs monopolistiques en éliminant les barrières à l’entrée et en favorisant l’innovation.

et à ceux du développement des outils décentralisés même.

Mais nous ne sommes toujours pas au bout du chemin de la décentralisation et d’important défis se posent aussi à son développement. L’interopérabilité, l’interconnexion harmonieuse, entre les différentes technologies décentralisées est essentielle pour créer un écosystème cohérent et efficace, mais cette compatibilité n’est toujours au rendez-vous.

Et c’est enfin l’adoption grand public qui est le principal enjeux. Pour que les technologies décentralisées aient un impact significatif, elles doivent être accessibles et conviviales pour le grand public. L’expérience utilisateur, la facilité d’utilisation et l’éducation sont des facteurs clés pour encourager l’adoption large sans compter qu’un succès d’échelle peut a son tour entraîner des problèmes d’évolutivité lorsque nouvelle technologie doit dorénavant gérer un grand nombre de transactions ou de participants.

Pour un Internet plus ouvert, transparent et équitable

Les défis actuels de l’Internet décentralisé sont réels, mais sont surmontables. En prime, les technologies décentralisées apportent des solutions potentielles aux problèmes de contrôle des données, de censure, de sécurité, d’innovation et de concurrence sur Internet. Elle protègent les données personnelles des utilisateurs. Elles peuvent mettent par exemple à l’abri un média d’une décision financière ou politique externe qui viendrait brimer son droit d’existence dans l’Internet. Il est plus que temps, plutôt que de s’investir dans des combats interminables avec les GAFAM que de réelles mesures incitatives soient mise de l’avant pour favoriser le développement des technologies décentralisées, notamment au profit des médias et des utilisateurs d’Internet au Canada.